Scribouillages et pensées frénétiques

De tout et de rien. Surtout de rien.

26 mars 2011

perseverare diabolicum

Intéressant article sur la dédiabolisation du racisme ordinaire chez Crêpe Georgette

Il est sur que quand Chirac parlait du bruit et de l'odeur, le web 2.0 n'était même pas encore envisageable et donc que les propos tenus en publics étaient ceux de la minorité ayant accès au coté pile des médias : hommes politiques, journalistes, intellectuels, etc. Les propos du bar de chez Francisque restaient confinés chez Francisque. On ne les entendait pas aussi massivement, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'existaient pas.

Hier soir, je regardais un épisode de l'émission "Strip-tease" où deux vieux légionnaires s'affrontaient à coup de décorations de guerre, et certains des propos tenus étaient... juste wow ! Entre le vieux légionnaire taquinant un vieux maghrébin en lui chantonnant une grivoiserie que l'on devait tenir aux prostituées indigènes ou la femme qui rabroue un type en lui disant que tout ça, c'est filmé et que c'est un coup "à avoir des ennuis avec les bougnoules", on constate qu'il y avait là un très haut niveau, dans les discutions du bal du 14 juillet.

Idem dans le reportage consacré à un bar de station de ski où ça s'engueule entre partisans de Chirac et de Mitterand, entre Socialistes et tenants du RPR, les deux se retrouvant sur un point : les étrangers, c'est de la racaille, sauf quand ils ont du fric à claquer sur le zinc !

La différence, c'est que maintenant, ces propos ont envahis très largement l'espace public, notamment grâce aux commentaires de la presse en ligne. Est-ce un symptôme de la décomplexitude du racisme entrainé par les politiques ou ceux-ci jouent-ils la carte du racisme ordinaire pour correspondre à l'image qu'ils se font d'un certain électorat ou plus probablement chacun se nourrit-il de l'autre dans une surenchère beauf flippante ? Le fait est que l'autre tendance ne se fait pas beaucoup entendre et ça, c'est vraiment effarant.

Posté par Lledelwin à 09:39 - Actualité - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Un problème en pleine expansion et qui ne se limite pas à la France : je crois qu'en Belgique vous n'avez rien à envier à personne...
    Je serais plus dubitatif quant au rôle du net dans le phénomène, je pense plutôt que le net est un peu le thermomètre qui mesure la fièvre.

    Je voudrais dire - alors qu'une tablée de quincas racistes vient précisément de s'asseoir à côté de moi, dans ce resto où comme eux j'ai mes habitudes - que cette banalisation est très subtile et même sournoise, puisqu'elle s'inscrit faussement comme une opposition à l'antisémitisme, d'où elle tire une certaine "légitimité". Un exemple : il y a 10 jours le directeur de France Soir était interviewé dans le JT, où il a dit que l'antisémitisme était pire que le racisme. Le présentateur, surpris, l'a repris en disant que c'est un peu la même chose, mais il a persisté à affirmer que le racisme était moins grave que l'antisémitisme, propageant ainsi l'idée que sur l'échelle de l'ignominie le racisme n'était pas au niveau maximum...

    Je voudrais enfin rappeler une chose, qui vue de France paraît totalement délirante : le racisme des Flamands envers les francophones. Je crois que dans l'histoire de l'humanité c'est l'un des rares cas où un peuple blanc ET chrétien se trouve victime de racisme à proprement parler (car quand on s'interroge sur la capacité mentale des francophones à apprendre de néerlandais, je crois qu'on ne peut pas parler d'autre chose !).
    Qu'en penses-tu Lledelwin, en tant que francophone belge qui a appris le néerlandais ?

    Posté par Someone, 27 mars 2011 à 12:41
  • Je te rejoint tout à fait sur le rôle de baromètre du racisme ambiant, en revanche je pense que, participant à la diffusion de ces idées dans des cercles plus larges que le groupe de chez Franscisque (bon appétit au fait), il a contribué et contribue encore à sa banalisation et sa légitimation.

    Ensuite, le "racisme" des extrémistes flamands n'est pas anti-wallon. Il est anti non-flamand. Un francophone de Bruxelles, un Marocain de Anvers ou un chomiste d'origine ritale et Wallon, ce sera du pareil au même : des profiteurs et parasites qui font rien qu'à profiter de la richesse de la Flandre, ou qui tentent de lui piquer un peu de sa terre sacrée.

    Le seul point "positif" de cette ambiance joyeusement délétère, c'est que tant qu'on se tape sur la gueule avec comme argument "sale profiteur incapable d'apprendre à parler une autre langue" ou "gros paysan qui t'enrichi grâce au fric des gens sur qui tu crache, pas foutu d'apprendre à respecter la Constitution", on oublie de cracher sur les "sales étrangers qui font rien qu'à vouloir exciser des petites filles à la machette ou leur coller un drap sur la gueule !" Enfin, on a bien tenter de prendre le train en marche en légiférant dernièrement sur le port de la burka, mais en ayant comme argument la nécéssité de pouvoir être reconnaissable dans l'espace public, pas le port de signe ostentatoire. En revanche les administrations, notamment scolaire, adoptent des règlements de plus en plus "anti-signe religieux distinctif" qui sont contraire au principe de neutralité de l'école (neutre cad non prosélyte, pas "gris") et contraire aux principes de liberté qui garanti le droit à chacun à pratiquer sa religion et manifester son appartenance à une confession ou une tendance politique.

    Posté par Lledelwin, 29 mars 2011 à 16:14

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